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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Raison gardée

24 juin 1991

Mais où sont les transes d´antan ? Qu´est devenu l´enthousiasme du temps jadis ? Le climat était orageux, hier, mais l´atmosphère nullement tendue. C´est un fait : le Grand Prix de Paris ne suscite plus les débordements... Il faut dire que la proximité du Royal Ascot a vidé l´os de la partie la plus substantifique de sa moëlle : celle qui provient de la vitesse (Guinées, Poules d´Essai...). Restaient les seuls battus du Prix du Jockey-Club, les perdantes du Prix de Diane et le lauréat du Prix Jean Prat : une affiche honorable mais sans nerf. Sympathique rimait avec lymphatique.

La course n´a rien fait pour nous émoustiller l´imaginaire. Chacun a pris sagement la place que la raison lui assignait - sauf Cudas, bien entendu, le boxeur à la voix de rogomme, le Sylvester Stallone des hippodromes, Rocky grande gueule qui se gargarise avec son unique exploit, son KO par surprise du Prix Lupin...

Le brave et honnête Subotica l´a donc emporté en bon bourgeois, avec son sérieux habituel, devant ce poulain très distingué - bien né, lui, bien fait, mais hélas ! un peu limité en tenue et en qualité - Sillery, tandis que l´habituée de la guigne, Louve Romaine, connaissait ses malheurs habituels, dans la corde cette fois (décidément, Pat Eddery n´est pas des mieux inspirés, cette année...).

L´exploit sportif - évidemment très relatif - est une chose, le coefficient de sympathie que suscite la victoire de Subotica en est une autre. Comme tout le petit monde des courses, applaudissons au double succès d´Oliver Lecerf : l´un, sur la piste, avec son poulain; l´autre, rétrospectif, dans les comités des instances dirigeantes, avec son vieux projet de Société unique du galop, qu´on dit enfin sur le point d´être adopté !

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