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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Don Juan sans rival

7 octobre 1991

Un cuirassé anglais naufragé corps et biens... La crème de Chantilly qui déborde jusqu´à la cinquième place... Notre grand séducteur local en solo dans son numéro habituel - ah ! cette désinvolture dans le turn of foot !... Et notre Cendrillon qui vit jusqu´au happy end son conte de fées : Magic Night a une course en or, le long de la corde, pour venir décrocher le premier accessit... Quant au chouchou du grand public, le brave Pistolet Bleu, il conserve une si méritoire troisième place, après avoir été vu constamment à la pointe du combat...

Oh ! oui, tout pour plaire à Mimi Pinson, l´Arc de 1991 ! Tellement satisfaisant pour notre vanité nationale ! Le bonheur parfait dans les chaumières : car, pour un turfiste de chez nous, il ne suffit pas de gagner, n´est-ce pas, encore faut-il que les Anglais soient ridiculisés...

L´homme de courses, lui, affiche une satisfaction un peu plus mitigée. Il se sent frustré. Il attendait un duel entre Hercule et Don Juan. Or, le séducteur a joué en soliste. Qu´est-il arrivé à l´athlète à la massue ? S´il se l´était laissée tomber sur un pied, sa massue, on aurait compris... Mais non, la course de Generous n´a été nullement suicidaire ! Il ne s´est en aucune façon asphyxié par excès de vitesse dans la montée, comme cela avait été le cas, il y a quelques années, pour un autre lauréat du Derby d´Epsom, Reference Point... Munro était encore "pleins bras" au bas de la descente. On se perd en conjectures sur les raisons de sa défaillance soudaine, au Pavillon : il parut avoir les jambes attachées au moment même où tous les autres - et surtout Suave Dancer, notre dilettante de charme - se sont mis à tricoter des gambettes.

L´explication viendra peut-être dans les jours prochains. Il se disait que l´on avait entendu tousser, dans les boxes de son entraîneur, Paul Cole. Le fait que le compagnon d´écurie du grand favori, Snurge, a eu une faiblesse radicale et concomitante (lui était même désemparé dès la mi-descente) ouvre évidemment la porte à une hypothèse de ce genre. Car, bien entendu, on se refuse à imaginer que les deux chevaux aient succombé sous le poids des sommes astronomiques qui avaient été engagées sur leurs chances chez les bookmakers anglais...

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