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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Envoyé sur les roses, notre rara avis !

4 mai 1992

Le Kentucky Derby, pour un turfiste européen de notre fin du vingtième siècle, c´est sans doute ce qu´était le Derby d´Epsom, pour un sportsman français du milieu du dix-neuvième siècle : un eldorado à portée de la main ! Hélas ! Arazi n´est pas Gladiateur, qui entra dans la légende du turf, le mercredi 31 mai 1865, pour avoir été le premier pur-sang entraîné en France à avoir décroché le Ruban Bleu anglais ! Le samedi 2 mai 1992, notre présumé rara avis n´a pas su cueillir, pour la vieille Europe, le run for the roses, le classique le plus prestigieux du Nouveau Monde.

Nul ne doutait pourtant de la victoire du petit poulain français : ni les cent trente mille spectateurs - quatre fois plus qu´à Longchamp lors du dimanche de l´Arc : c´est très impressionnant ! - qui l´ont fait partir à moins d´égalité; ni son entourage, qui a peut-être péché un peu par manque de modestie dans ses déclarations d´avant le jour "J" (Pat Valenzuela, à l´issue du dernier galop d´entraînement, mercredi matin : "Les autres courent pour la deuxième place !..."). Il est vrai que le fils de Blushing Groom avait pris la mesure de tout ce qui galopait, des deux côtés de l´Atlantique. Oui, mais c´était à deux ans et sur 1700 mètres... Et sa seule sortie de 1992 n´avait été qu´un galop public, avec de simples utilités en guise de faire-valoir...

Soyons bref et digne dans le récit du naufrage. Parti dernier, à sa manière habituelle, il remonte tous ses adversaires - il y en avait tout de même dix-sept... - en plein extérieur, dans la ligne d´en face, pour se retrouver sur la ligne de tête, mais complètement asphyxié, à la sortie du dernier tournant. L´ultime ligne droite fut pénible à vivre, pour les sportsmen français qui étaient venus de si loin pour le supporter : il titubait...

L´explication du drame ? Chacun a la sienne, pour le moment... François Boutin pense que, si Arazi a pris la main de son jockey, c´est parcequ´il a couru trop "frais". La faute en serait au peu de temps dont l´entraîneur a disposé pour le préparer, après sa petite opération aux genoux de l´automne dernier : il a dû brûler les étapes. Ouais... Nous, nous croyons qu´il a surtout péché par manque de tenue, dans une course disputée à un train d´enfer. Ou bien encore, plus simplement, qu´il n´a été - nous avions déjà évoqué l´hypothèse, l´automne dernier - qu´un phénomène de précocité. Ce ne serait pas le premier, dans sa maison : tout récemment encore, il y a eu Hector Protector et Machiavellian...

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