pursang1
pursang2

L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Histoire grise à l´eau de rose...

8 juin 1992

Au rendez-vous des quatre vents, une petite société de poulains anonymes était venue chercher fortune, hier, à Chantilly. On ne pouvait tenir pour assurée qu´une seule chose, avant le Prix du Jockey-Club : étant donné que pas une tête ne dépassait, à la toise de l´insignifiance, tout était possible... Eh ! bien, ceux qui, comme nous, attendaient le triomphe du n´importe quoi, ont été servis au-delà de toute espérance. En cette année de mauvaise grâce 1992, un réclamer est enfin parvenu à gribouiller son nom au palmarès du classique des classiques ! Comble du mauvais goût ? Pas du tout ! Chef d´oeuvre admirable, par les temps d´égalisation des valeurs que nous vivons !

Comment le destin ricaneur s´y est-il pris pour réaliser cet exploit ? Oh ! le plus simplement du monde : comme on peut le voir, tous les jours, dans ces feuilletons à l´eau de rose que diffusent complaisamment les chaînes de télévision "grand public"... Quelques ingrédients suffisent et la mayonnaise prend vite, qui met la larme à l´oeil des midinettes du turf... Point de départ de l´intrigue : ce riche homme d´affaires à qui tout réussissait, jusqu'ici, Jean-Luc Lagardère - casaque grise, toque rose - est victime d´une éclipse de sa bonne étoile. Simultanément, un grand manitou de l´entraînement, François Boutin, se met à cafouiller avec ses points de repère et se prend les pieds dans ses marques, à deux reprises : d´abord, avec Arazi, puis avec Polytain... C´est alors qu´un petit alchimiste un peu ficelle, Antonio Spanu, habitué à transmuter le plomb en or - il n´en était pas à son coup d´essai, avec les réformes de François Boutin - fait preuve, successivement, d´un bel opportunisme, d´une fine habileté, et d´un fameux culot...

Bon. On ne va pas s´éterniser dans la guimauve anecdotique. Polytain a gagné et de gentille manière, partant de loin et ne baissant pas de pied. Il en avait tout à fait le droit ("L´échelliste vous jure qu´il a sa chance !", avions-nous écrit samedi...). Marignan était aussi autorisé à finir, selon son habitude, plus vite que tous ses adversaires. Il n´était pas interdit non-plus à Contested Bid de revenir des derniers rangs à toute allure, puisque le terrain s´était considérablement raffermi au cours des dernières vingt-quatre heures. Oui, le scénariste du feuilleton de 1992 a tous les droits... Il compte d´ailleurs vous faire voir, lors des prochains épisodes, qu´il n´est pas encore à sec d´imagination...

<< >>

Contactez Michel Morice

Site réalisé par: Sylvie Morice - Photos: Bernard Gourier - www.bernardgourier.com

Copyright © 2006