pursang1
pursang2

L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Il était temps !

26 octobre 1992

Toujours le même et toujours un autre, Longchamp est pris d´une crainte, en fin de saison. Il a peur de tomber dans la cruelle alternative des vieux radoteurs : se répéter ou se contredire ! Alors, venu le dernier dimanche d´octobre, il met dignement un point final à son ouvrage annuel. Un tome de plus - le cent trente-cinquième ! - sur les rayons de l´Histoire du Turf...

Il était temps ! déjà, le matériel de base s´avérait hors d´usage. Le bon vieux pénétromètre, par exemple, ne fonctionne plus. Emoussé par l´âge, à l´évidence, il refuse désormais de s'enfoncer dans un sol pourtant on ne peut plus accueillant. Il indiquait 3,5, hier, terrain souple ! Alors que la piste était profonde comme un tombeau...

Les écarts à l´arrivée en font preuve. Dès la première, le réclamer Prince Florent met toute une distance entre son bel allant de maître nageur et la panique de ses petits camarades aquaphobes : quinze longueurs, estiment les juges, qui ressentent peut-être, eux aussi, les fatigues d´une longue saison (à notre avis, des longueurs, il y en avait plutôt trente ! Les Anglais auraient fait afficher : others nowhere...).

Les Anglais, parlons-en ! Une habile course de relais, dans le marathon, Prix Royal Oak, leur permet de faire éclater le peloton dès le bas de la descente. On compte alors deux bons hectomètres entre la tête et la queue ! Succédant à Allegan, qui avait fait tout le travail, le poulain de trois ans, Assessor, grand amateur de terre molle, et son aînée, la 4 ans, Always Friendly (qui avait fait jeu égal avec Sought Out, cet été, à Deauville, dans la gadoue du Prix de Pomone) sont venus tranquillement décortiquer ces marrons qu'on leur avait obligeamment sortis du feu.

Et Sought Out, alors ? Que lui est-il arrivé, pour qu´elle termine à six longueurs de la deuxième ? Eh ! bien, disons qu´elle était en droit, elle aussi, d´aspirer à quelque repos. Elle a manifesté ce désir de tranquillité, chaque fois un peu plus clairement, lors de chacune de ses dernières sorties : en agitant la queue d´une façon saccadée, à la manière des chats qui font ainsi savoir qu'ils sont importunés. Hier, dans l´ultime ligne droite, son appendice caudal tournait à la vitesse d´un ventilateur ! Cash Asmussen en a été tout décoiffé...

<< >>

Contactez Michel Morice

Site réalisé par: Sylvie Morice - Photos: Bernard Gourier - www.bernardgourier.com

Copyright © 2006