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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Des oh ! des ah ! et des bof !

31 mai 1993

Longchamp met deux points finaux à son meeting de printemps. Rectification : un point d´exclamation avec le Prix d´Ispahan et un point-virgule avec le Prix Jean Prat, car la phrase qui concerne les poulains de trois ans n´est évidemment pas terminée au dernier dimanche de mai.

L´exclamation fut un "oh !" de surprise plutôt qu´un "ah ! je vous l´avais bien dit"... Comment le vieil Arcangues, si défait d´apparence au début du mois et inexistant en piste dans le Prix Ganay, a-t-il pu devenir cette "peinture", au paddock, quatre semaines plus tard, puis se montrer irrésistible dans la ligne d´arrivée ? Ce n´est pas la première fois que nous nous posons la question à son sujet. L´an passé, déjà, sa deuxième place dans ce même Prix d´Ispahan avait été précédée et suivie par deux flops retentissants. A l´automne, son éblouissant Prix du Prince d´Orange avait été le prélude à un Arc affligeant. Il faut donc se faire une raison de son incohérence : à quoi bon tourmenter le bon Dr Jekyll avec son méchant côté Mr Hyde ?

Hatoof n´est pas non-plus la constance faite jument : il y a de gros accrocs dans sa carrière (Poule d´Essai, Jacques Le Marois...). Il y en aura un de plus, qu´on aurait tort de porter intégralement au débit du compte de son jockey, lequel a cru bon de venir, très prématurément, en cinquième épaisseur, dans la fausse ligne droite, un jour de lice à zéro ! En selle sur l´italien, Misil, Lanfranco Dettori en a fait presque autant et il s´est pourtant octroyé une courageuse deuxième place, devant Shangha ï, venu opportunément sur le tapis roulant de la corde, lui (Cash Asmussen ne fait jamais de ces erreurs-là...).

Le point-virgule - Prix Jean Prat, sur le chemin du Grand Prix de Paris - amène plutôt, en guise de premier commentaire, une interjection du genre "bof !", suivie de trois points de suspension... Six poulains finissant pratiquement dans la même longueur cela n´a jamais provoqué l´enthousiasme du chroniqueur hippique, surtout lorsque celui-ci est un adepte des classements cotés.

Le gagnant, Le Balafre, ne manque pourtant pas de mérite, qui est revenu battre sur le fil - et en pleine piste, versant même un peu à gauche ! - le favori, Bigstone, lequel avait peut-être placé un peu tôt sa fameuse pointe, le long de la corde. Mais, à l´évidence, ni l´un ni l´autre ne sont des phénomènes. La seule personnalité sortant de l´ordinaire qu´on ait vue ici à l´oeuvre est le jeune Olivier Peslier : il s´affirme, chaque jour davantage, comme un des grands jockeys de demain.

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