pursang1
pursang2

L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Le secret de Cash !

6 septembre 1993

Pour la rentrée de la classe, Longchamp reçoit en petit comité. La compagnie est illustre mais des plus restreintes. Eût-on fait disparaître les frères Maktoum et leur smala; Lellouche et ses accointances; la famille Niarchos et la descendance de Miesque, il n´y aurait plus eu âme qui vive sur l´hippodrome, ni au paddock ni dans les gradins !

Sur le "papier", ils se comptaient tout de même quatre, avant le Prix du Moulin de Longchamp : trois poulains et une pouliche. Ou bien, si l´on veut : trois français et un anglais. Ou encore : deux rentrants et deux assidus des Groupes I, constamment sur la brèche, depuis début avril. Eh ! bien, la partie, très serrée, s´est jouée entre les trois français, la pouliche s´étant intercalée entre les deux mâles, les deux appliqués aux examens ayant précédé le désoeuvré du mois d´août (l´autre oisif, l´anglais, a dû se contenter de la quatrième place, à distance des protagonistes).

Si l´on s´en tient au mérite des chevaux, il est décemment impossible de dissocier les trois premiers, séparés par des interstices au passage du poteau d´arrivée. Kingmambo a devancé Ski Paradise d´une tête et celle-ci a conservé un nez sur Bigstone. Parlons donc des jockeys. Pour dire que Cash Asmussen a monté une de ces courses tout en finesse dont il a le secret. Pris de vitesse au Pavillon, alors qu´il paraissait être au canter une seconde plus tôt, il est revenu, sans se presser, avec un sang-froid diabolique, pour prendre le plus minime avantage, juste sur le fil, à un Thierry Jarnet qui n´avait peut-être pas su garder, lui, la même impassibilité, ayant placé un tout petit peu trop tôt la fameuse pointe de vitesse de sa partenaire (il avait, au reste, en cela, au moins une bonne excuse : on se souvient qu´à Deauville Pat Eddery était venu, lui, une demi-seconde trop tard...).

On comprend que Stavros Niarchos, qui faisait sa réapparition sur un hippodrome après une très longue absence, ait laissé libre cours à des manifestations d´allégresse qu´on lui a rarement vues exprimer avec un tel abandon en public. Bon fils, Cash y a répondu en embrassant le patriarche sur les deux joues.

<< >>

Contactez Michel Morice

Site réalisé par: Sylvie Morice - Photos: Bernard Gourier - www.bernardgourier.com

Copyright © 2006