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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

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Les parapets de Longchamp !

6 juin 1994

Parce que nos amis, les Anglais, n´avaient pas lésiné sur les moyens (un tiers des concurrents avaient débarqué d´outre-Manche et, parmi eux, trois étaient des "parachutés" de dernière heure, à 250.000 F l´unité, ce qui témoignait d´une belle confiance de la part de gens connus, à la fois, pour leur opportunisme et leur sens de l´économie !), Chantilly se pensait à la merci de la féroce Albion.

Eh ! bien Chantilly s´était sous-estimé. Notre Jockey-Club était solidement défendu par les parapets de Longchamp. Il est allé à la filière française dans ce qu´elle a de plus élaboré : celle qui passe par les Prix Greffulhe et Lupin. La lutte finale s´est circonscrite entre nos seuls duettistes du printemps, Celtic Arms et Solid Illusion, notre troisième larron du dimanche, Tikkanen, étant venu cimenter l´ouvrage en s´octroyant la quatrième place.

Et pas d´excuse pour les battus. La course fut limpide. Elle se décanta, comme souvent, à mi-montée, lorsque nous deux compères sont venus, de loin, prendre le peloton en tenaille : Solid Illusion le long de la corde et Celtic Arms en pleine piste. Comme dans le Prix Lupin, celui-ci eut le dernier mot, sanctionné, comme à Longchamp, par un écart officiel de trois-quarts de longueur.

Vive lutte, pour la troisième place, à une longueur et demie. In extremis, l´anglais Alriffa la souffla au brave Tikkanen, qui finisssait bien, lui aussi. La pouliche, Moonlight Dance ? Cent vingt ans après Saltarelle, à M. Edouard Fould (lauréate à 66/1, en 1874), elle n´aura pas fait entrer son nom et celui de M. Wildenstein dans la légende du Prix du Jockey-Club. Bien en course jusqu´à mi-montée, elle s´éteignit alors soudain, comme on souffle une chandelle.

C´est donc le patronyme de Jean-Louis Bouchard qui figurera dans la litanie éternelle - elle a un commencement, en 1836, mais tous les croyants du turf savent qu´elle est sans fin... Un personnage jeune et bien sympathique, ce M. Bouchard, qui s´est présenté au micro de l´hippodrome comme un turfiste passé tout naturellement - mais avec quel bonheur ! - de la pelouse au pesage. Oui, le modèle rêvé des hommes du marketing du PMU, pour l´image de marque des courses !

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