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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

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Un Arc de jockeys !

3 octobre 1994

Il y a eu des Arc de légende : le premier de Ribot, en 1955, celui de Sea Bird, dix ans plus tard, ceux de Vaguely Noble en 1968, Mill Reef en 1971 et Allez France en 1974... Il y a eu des Arcs de circonstance : Topyo, Star Appeal, Trempolino, Saumarez... Des Arcs d´entraîneurs : San San, Detroit... L´édition de 1994 restera, dans l´histoire des courses, comme un Arc de jockeys.

Les maestros, Thierry Jarnet et Cash Asmussen, connaissent leur Longchamp comme Daniel Barenbo ïm la neuvième de Beethoven. Ils ont pianoté leur parcours, le long de la corde - lice à zéro : tapis magique ! - en virtuoses du genre, empoignant leurs montures, dans l´allegro final, comme Arthur Rubinstein l´aurait fait de son clavier pour une Polonaise de Chopin !

Et, pendant ce temps-là, le Japonais, Yutaka Take, interprétait son White Muzzle moderato cantabile. Il est même permis de parler de fiasco pour la cravache d´or du pays du Soleil Levant. Yutaka-tastrophe a réussi l´exploit d´être le seul, parmi les dix favorisés par le tirage au sort des places à la corde, à ne pas avoir su tirer profit de son bon numéro. Dès le départ, il s´est laissé glisser jusque dans le tréfonds du peloton. Dans la descente, il était antepénultième. Contraint de faire les grands extérieurs, dans la ligne d´arrivée, il est venu donner la preuve, en prenant la sixième place à moins de deux longueurs du lauréat, qu´avec une course un peu mieux inspirée il l´aurait emporté haut la main !

Rien à redire, en revanche, à l´interpétation de Jean-René Dubosc sur l´autre gros morceau de la course, l´ex-invaincu, Millkom. Apparemment, notre gentihomme gascon s´est incliné par simple manque de tenue, comme on le craignait. Après avoir mené sa barque habilement jusqu´à l´entrée de la ligne droite, D´Artagnan a mis crânement flamberge au vent, au Pavillon. On a pu y croire pendant deux secondes : pas trois ! Si nous disons : apparemment, c´est qu´il y a une autre hypothèse pour expliquer son échec. Il a pu se ressentir en course de cette violente ruade que lui a décoché en pleine croupe cette brute vicieuse de Ezzoud, juste avant le départ, devant les stalles.

A deux longueurs et demie le neuvième (Millkom), à trois longueurs le onzième... Non, les vieux turfistes ne diront pas, en 2023 : l´Arc de Carnegie, comme ils disent, aujourd´hui : l´Arc de Sea Bird pour évoquer 1965. Ils diront : le deuxième Arc de Thierry Jarnet !

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