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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Voisins de palier

29 mai 1995

Ispahan, ce n´est pas le Pérou - allocation très ordinaire, distance intermédiaire entre les canons classiques, situation ambiguë sur le programme - mais, allez donc savoir pourquoi, pas un des grands conquistadors du turf qui ne l´ait tenu, en son temps, pour un eldorado ! Sprinter, miler ou même stayer, chacun l´a voulu ! Et tous les meilleurs l´ont eu, les Zeddaan et les Allez France, les Irish River, les Sagace et les Miesque !

Ils étaient deux, hier, à s´être donné rendez-vous sur le pré pour vider une querelle de suprématie. Le duel promettait, car les experts en classements cotés vous assuraient que l´un valait strictement l´autre, quoique dans un style différent. L´italo-anglais, Pelder, est du genre séducteur latin. Faisant équipe avec Lanfranco Dettori, il avait entortillé Longchamp, le mois dernier, dans le prix Ganay, avec son brio et sa décontraction distinguée. Notre Green Tune, lui, est plutôt de l´espèce laborieuse. Un bel animal mais pas très fûté. Sa manière est celle des brutes : la fuite en avant. Et il n´est animé que par un unique sentiment : l´entêtement.

Une fois n´est pas coutume, le match attendu a bien eu lieu ! Et la course a prouvé qu´effectivement les deux chevaux étaient bien voisins de palier, habitant l´un et l´autre au même étage élevé, puisqu´il a fallu recourir à la photo-finish pour les départager, tous deux ayant fini loin devant notre vieux phénix (8 ans !), Marildo, lequel renaissait une énième fois de ses cendres.

Les puristes regretteront seulement que ce soient les circonstances qui aient fait entre eux la petite différence et non-pas vraiment leurs talents respectifs. Car le "déménageur", Green Tune, a évidemment tiré grand profit du tapis roulant de la lice à zéro. Tandis que, privé de son jockey habituel - qui sait ce que c´est, lui, que la monte "en accélération progressive" - le don juan italien a voulu nous la jouer à l´esbroufe : il a placé au Pavillon une splendide pointe de vitesse, que Pat Eddery a crue évidemment foudroyante. Foudroyante, oui, sans doute, elle l´aurait été, si elle avait été "placée" le long de la lice, sur la natte élastique où les sabots du français rebondissaient en cadence. Mais en pleine piste, les pieds pris dans le tapis de haute laine...

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