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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Pénélope à son ouvrage

14 août 1995

D´un côté, trois quidams de type masculin, des athlètes de la vitesse en pleine possession de leurs moyens, épaules larges et puissantes musculatures, des fonceurs sûrs de leur force, pas du tout du genre à avoir des états d´âme ni à se poser des questions métaphysiques : les cadets britanniques, Tamayaz et Prince Arthur, et leur aîné d´un an, le français, Green Tune. De l´autre côté, trois individualités de la gent féminine, non pas fines ni délicates - elles aussi ont du muscle ! - mais, comment dire, spirituelles, l´oeil malicieux promettant l´insolence : la 5 ans, Sayyedati et ses cadettes, les 3 ans, Shaanxi et Miss Satamixa.

Mettez cette petite société dans des stalles de départ, tout au bout de la longue ligne droite de l´hipodrome de la Touques et donnez-lui rendez-vous, un mile plus loin, devant le petit disque qui se trouve si opportunément là, au bord de la piste, à la verticale des tribunes, et dont la couleur rouge s´accorde si bien avec le bleu du ciel normand et le vert du gazon de la vallée d´Auge ! C´est un petit jeu auquel Deauville s´amuse chaque année, vers la mi-août, cela s´appelle la partie de Jacques Le Marois...

Les portes s´ouvrent. Que va-t-il se passer ? Devinez ! Bien entendu, nos trois balourds du genre masculin se précipitent aussitôt. Tamayaz prend la corde et la tête, Prince Arthur est à sa hanche et Green Tune sur la même ligne, à l´extérieur. Ils n´amusent pas le tapis, nos gaillards. Que font ces demoiselles ? Nos petites futées musardent aux trois dernières places. La plus expérimentée, Sayyedati, est neuvième et dernière, Shaanxi juste devant elle à son extérieur et Miss Satamixa à ses côtés, le long de la lice. Admirable patience ! C´est Pénélope à son ouvrage, multipliée par trois...

Etonnant ! La première dont les nerfs lâchent est la plus chevronnée. Il est vrai qu´en selle sur Sayyedati le jeune Brett Doyle fait connaissance avec cette terrible ligne droite de Deauville. Il vient tout à l´extérieur, à quatre cents mètres de la ligne - cent mètres trop tôt ! - ne faisant qu´une bouchée de tout le petit lot. A son tour, Shaanxi prononce son effort, elle aussi en pleine piste, elle aussi dépassant tous ses adversaires... sauf Sayyedati. Mais la victoire sera pour la dernière assaillante. Venus in extremis le long de la lice - comme tant de gagnants ! - Sylvain Guillot et Miss Satamixa ont mis dans le mille par habileté tactique plus que par supériorité avérée. Jean-Luc Lagardère, le nouveau président de France Galop, n´a-t-il pas toujours été le plus chanceux des propriétaires ?

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