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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Bleeders´ Cup

8 novembre 1986

Lorsqu´il y a du brouillard sur la Manche, les habitants des îles britanniques ont tort, évidemment, d´en conclure avec suffisance : "Le Continent est isolé !"... En revanche, lorsque leur Dancing Brave échoue à la quatrième place de la Breeders´ Cup Turf, ils ont raison, bien sûr, de s´apitoyer : "Dommage pour les Américains !"... Une victoire du crack de la vieille Europe, samedi dernier, à Santa Anita, aurait en effet donné ses lettres de noblesse à un tournoi nouveau-riche qui se voudrait le championnat du monde du pur-sang. Dancing Brave, lui, n´avait plus à faire ses preuves.

Même s´il s´explique, en partie, par des causes bien précises - perte de poids due aux fatigues du voyage et de la quarantaine, projection de sable dans l´oeil, lors de la traversée de la piste en dirt... - l´échec du Brave aux Etats-Unis nous oblige à reconsidérer notre point de vue sur ce que certains ont appelé - un peu tôt - les "Jeux Olympiques du turf". Trois raisons, au moins, font que les hiérarchies élaborées lors des sept "super-courses" de la Breeders´ Cup sont sujettes à caution : d´abord, la piste est insuffisamment sélective, avec ses tournants à répétition et sa ligne droite lilliputienne; ensuite, la date est mal choisie : en novembre (l´an prochain, ce sera fin novembre !), les héros du Vieux Continent sont fatigués; enfin, en Californie, la triche est institutionnalisée ! Là-bas, on est invité à s´asseoir à une table de jeu truquée, puisque soixante-dix pour cent des autochtones sont dopés.

Ce dernier point, le doping, est évidemment le plus choquant. Comment accorder crédit à une sélection obtenue sous l´effet de la drogue ? Skywater, le lauréat de la Breeder´s Cup Classic (le plus gros morceau, à trois millions de dollars), est un cheval arthritique, qui ne sort jamais sans sa dose de Phénylbutazone. D´autres, parmi ses petits camarades, ont préféré se shooter à l´acide méclofénamique, au Naproxen, au Flunixin, au Lasix... toutes "médications" parfaitement autorisées sur la côte Ouest américaine.

Alors, sélection, oui, mais de quoi, de qui ? D´une race de bancroches, de bleeders (chevaux sujets aux hémorragies), de rhumatisants, qui ira essaimer au haras, transmettant ses tares à qui mieux-mieux ! La dépendance à l´égard de la drogue augmentant avec les générations, les dopés d´occasion engendreront des dopés chroniques !

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