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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

De l´ombre à la fulgurante lumière !

2 juin 1997

Des Prix du Jockey-Club, bien sûr - noblesse oblige ! - il y en a eu quelques-uns de fameux, depuis une vingtaine d´années (Top Ville en 1979, Bering en 1986, Old Vic en 1989, Suave Dancer en 1991...). Mais la plupart étaient du genre "petit-bourgeois" (Mouktar en 1985, Natroun en 1987, Celtic Arms en 1994...) et même, carrément, de l´espèce plébéienne (Hours After en 1988, Polytain en 1992, Ragmar, l´an passé...) !

Des Prix du Jockey-Club, combien y en a-t-il eu , depuis que Daniel Wildenstein fait courir (il a quatre-vingts ans), depuis près d´un quart de siècle qu´André Fabre entraîne, depuis cette petite dizaine d´années qu´Olivier Peslier monte en course ? Aucun des trois n´avait encore décroché le Ruban Bleu ! En ce premier dimanche de juin de l´an de grâce 1997, la Fortune a enfin daigné combler cette triple - mais inégale... - lacune. Peintre Célèbre a offert à chacun son premier Derby. Et la justice immanente a voulu que le trio maudit passât instantanément de l´ombre à la fulgurante lumière : assurément, le lauréat d´hier est de la race noble et rare dont nous avons parlé plus haut, celle des champions qui font date !

Au vrai, on n´avait qu´un doute, un seul, avant l´heure, à propos de Peintre Célèbre, qui avait déjà causé la plus forte impression du printemps de Longchamp, lors de sa victoire dans le Prix Greffulhe : fils du miler, Nureyev, ses gènes l´autoriseraient-ils à aller au bout d´un "vrai" 2400 mètres ? L´incertitude - la terrible et délicieuse incertitude ! - n´a duré qu´un instant : quand Peslier a pu sortir de la corde, à mi-ligne droite, pour venir attaquer le bel Astarabad, auquel Mossé avait tôt demandé de prendre l´avantage, voulant ainsi, à juste raison, faire parler la tenue du fils d´Alleged. Le coup de rein qu´a eu, à ce moment-là, Peintre Célèbre est indiscutablement celui d´un crack. En deux foulées, le bleu Wildenstein laissait à deux longueurs le vert Aga Khan ! In extremis, ce dernier - payant évidemment sa générosité - laissait la deuxième place à ce bon finisseur, Oscar (une tenue sans faille, ici aussi, comme on s´y attendait).

Derrière ces trois-là, un, ou plutôt des abîmes vertigineux ! A quatre longueurs, l´impétueuse tête de linotte, Fragrant Mix, qui comprenait enfin qu´on ne peut pas être à la fois au four et au moulin... Cinq autres longueurs plus loin, l´honnête mais limité Ithaki (le bon témoin pour les théoriciens du classement coté...). Shaka ? Apparemment, les craintes qu´on nourrissait sur les capacités de résistance de notre matamore gascon étaient bien fondées. Les anglais ? Inexistants, dès que les choses sérieuses ont commencé (on les avait vus longtemps à la pointe du combat). Ils sont comme cela, les anglais : déconcertants ! Tantôt, ils sont à la hauteur de leur réputation - à eux, comme de bien entendu, l´autre Groupe I du jour, le Prix Jean Prat ! - tantôt, ils bredouillent des excuses incompréhensibles : Sorry ! See you next time...

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