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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

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Un chef-d´oeuvre !

23 juin 1997

Passer des 2400 mètres du Prix du Jockey-Club, le premier dimanche de juin, à Chantilly, aux 3000 mètres du Grand Prix de Paris, le dernier dimanche du même mois, à Longchamp, ce fut, pendant un siècle et quart, un exercice de style obligatoire, pour les présumés champions de la génération dite classique. L´histoire des courses ne compte plus ceux qui ont réussi cette passe de deux somme toute assez ordinaire. Les derniers en date furent Reliance, en 1965 - l´année de Sea Bird ! - et Rheffic, en 1971 - l´année de Mill Reef et de Pistol Packer !

Tenter le doublé à trois semaines seulement d´intervalle et en "raccourcissant" ledit champion de 2400 à 2000 mètres, c´est devenu un tout autre genre d´exercice, qui tient, celui-ci, de la virtuosité. Il n´a été tenté qu´une seule fois, depuis 1987, année qui a vu la distance du Grand Prix de Paris fondre d´un kilomètre : par le lauréat d´un Jockey-Club "petit-bourgeois", Celtic Arms, lequel avait dû se contenter de la troisième place, à Longchamp, en 1994, devancé de trois longueurs par notre bien-aimé gentilhomme gascon, Millkom.

Ce qu´a réalisé hier Peintre Célèbre est donc inédit - pouvait-il en être autrement avec un nom pareil ? Un maître ne saurait s´abaisser au plagiat... - et relève du chef-d´oeuvre. De fait, comme prévu, il ne s´est agi pour notre fameux artiste que d´un simple galop d´entretien. Olivier Peslier ne lui a demandé que le strict nécessaire pour mettre deux longueurs entre sa superbe et la bonne volonté exaltée du brave Ithaki, lequel est venu toiser, in extremis, un Shaka à bout de souffle - ou, plus probablement, au coeur las...

En vue des King George de fin juillet, à Ascot, ce galop d´entraînement public, ce petit exercice de vélocité ? Oserons-nous dire que nous le craignons fort ! Bien sûr, c´est cela le sport hippique : le meilleur contre le meilleur, le champion contre le champion, ainsi de suite et toujours plus haut... jusqu´au krach du crack contre le crack ! A Ascot, notre glorieux cadet rencontrera ces deux célébrités de la pleine maturité, le français, Hélissio et l´anglais, Singspiel. Peut-être gagnera-t-il : il est tellement généreux ! Mais, qu´il gagne ou qu´il soit battu, il a deux chances sur trois de laisser son coeur dans cette course au passé meurtrier et de nous priver d´un Prix de l´Arc de Triomphe de légende !

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N.B. Au lendemain de cette chronique, je recevais de Daniel Wildenstein un petit mot :

Paris, le 23 juin 1997
Cher Monsieur,
J´ai lu (...) votre article ce matin et il m´a fait changer d´avis. (...). En conséquence, je ne courrai pas les King George et attendrai la saison d´automne comme vous le conseillez.

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