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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Jupiter et sa foudre !

6 octobre 1997

Il est des circonstances - rarissimes, hélas ! - où le travail du chroniqueur fait doublon avec celui du pronostiqueur. Que dire, après le Prix de l´Arc de Triomphe de 1997, que nous n´ayons pas dit avant ?

Nous attendions Jupiter et sa foudre. Peintre Célèbre est arrivé avec son bâton de feu, réduisant en cendres, dans l´instant, toute éventuelle contestation de son immense supériorité. Comme prévu, il est venu de loin, en pleine piste, sans se soucier des petits roublards qui s´étaient installés sur le magique tapis roulant de la corde. Comme escompté, il nous a refait son numéro de grand artiste : ah ! cette double accélération, cette capacité extraordinaire de placer un second coup de rein alors qu´il est déjà lancé à pleine vitesse ! C´est la marque des pur-sang d´exception.

Prévoir cela, ce n´était pas bien sorcier. Il fallait un peu plus de courage pour oser dire aux midinettes du turf, aux frileux du flambe, aux somnolents du pronostic, que leur Hélissio chéri avait toute chance de finir hors du quinté gagnant ! Don Quichotte a terminé au sixième rang... Comme prévu et comme l´an passé, il a mené la danse, le favori de la multitude, sur son tapis réservé, le long de la lice. Comme de bien entendu, il s´est rendu, dans la ligne d´arrivée, incapable de produire, en 1997, cette accélération qui l´avait mis hors de portée d´une éventuelle pointe finale, en 1996.

Il faut préciser aussi - c´était également escompté - que le Pilsudski de 1997 n´a rien de commun avec le Pilsudski de 1996. Quelle belle fin de course, à distance respectueuse du poulain de Daniel Wildenstein ! Il fallait s´attendre également à ce que la pouliche allemande, Borgia, soit de la bonne combinaison, tout comme Oscar Schindler et Predappio - celui-ci pourtant parti à 50/1 ! Oui, faciles à toucher, le gagnant, le couplé, le tiercé, le quarté, le quinté...

Qu´est-ce qui n´était pas écrit ? Ah ! oui, que le record de la course serait battu ! Il a même été pulvérisé de près de deux secondes. Quoi encore ? Que Peintre Célèbre apparaîtrait en piste pour la dernière fois, hier, en 1997, mais que nous le reverrions, en 1998, dans la pleine maturité de ses quatre ans. Que voilà un programme raisonnable ! A la différence de l´avide et na ïve maison Sarasola (Hélissio passé à la moulinette du Prix du Moulin de Longchamp !), la vénérable écurie Wildenstein n´a pas pour habitude de hasarder ses champions au petit bonheur la chance...

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N.B. Deuxième petit mot de Daniel Wildenstein, trois mois après le premier :

Paris, le 8 octobre 1997
Cher Monsieur,
Je tiens à vous remercier pour l´Arc. Sans votre article j´aurais fait l´erreur de courir en Angleterre (...). Veuillez trouver incluse une copie du mot que m´a envoyé Fabre le lendemain de la course qui prouve que Peintre Célèbre n´a pas souffert de celle-ci.

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