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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Sous la canicule, la fraîcheur !

22 juin 1998

La télé, plus le foot : cocktail enivrant des deux narcotiques les plus puissants du monde moderne... Comment voulez-vous que le sport des rois puisse lutter avec l´opium du peuple ? Longchamp quasi-désert en son dimanche du Grand Prix de Paris ! Qui aurait imaginé cela, avant la guerre, quand des foules de plus de cent mille spectateurs déferlaient sur le bois de Boulogne ?

Il faut dire aussi que les hippodromes ne font pas grand´chose, par les temps qui courent, pour se rendre... fréquentables. Au foot, au moins, ce sont les équipes "du papier" qui gagnent. La Corée du Sud y est battue par les Pays-Bas et l´Arabie ne pèse pas lourd contre la France. Eh ! bien, hier, à Longchamp, on a vu la Mongolie Extérieure réduire en bouillie le Brésil !

C´était dans le Prix de la Porte Maillot. Donkey Engine, dont le palmarès correspondait à peu près à son nom, jusqu´ici (Moteur d´Ane...), a mis six longueurs et demie dans la vue d´Air Express, triple lauréat de Groupe I, s´il vous plaît, et quatorze longueurs dans le nez d´Occupandiste, ci-devant lauréate du Prix de la Forêt (Groupe I) par six longueurs...

Par chance, le Grand Prix de Paris a été un peu plus raisonnable. Les trois poulains de la logique y ont pris les trois premières places. De fait, la lutte pour la victoire, en cette journée caniculaire, s´est circonscrite entre les deux plus "frais" de ces trois-là : le cheikh Mohammed français, Limpid et le cheikh Mohammed anglais, Almutawakel, le premier nommé étant venu coiffer le second d´une manière implacable. Pour l´un comme pour l´autre, ce Grand Prix de Paris arrivait tout naturellement dans un programme logiquement ascendant. Les hommes de courses ont une expression pour cela : ils étaient "sur la montante". Il était permis d´émettre des doutes, à ce sujet, pour chacun de leurs adversaires, lesquels voyaient plutôt dans ce Groupe I une opportunité de "se raccrocher aux branches" (pour utilisier encore le langage imagé des hippodromes), après avoir connu quelques contrariétés.

C´était le cas de Daymarti, de Special Quest et de l´anglais Prolix, bien sûr, mais aussi, dans une moindre mesure, du grand favori, Croco Rouge : il avait son échec du Prix du Jockey-Club fiché comme une arête dans la gorge ! L´aurait-il emporté, il y a trois semaines, il n´aurait certainement pas été là, hier, à vouloir reprendre le dessus sur une destinée cruelle ! Mine de rien, notre grand désinvolte avait trop donné, tout au long du printemps. Il s´est montré incpable de produire son accélération habituelle, dans la ligne d´arrivée, lorsque, enfin, il a pu voir le jour...

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