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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Le coeur net !

28 juin 1999

A la fois l´un des plus vieux classiques français et - Prix Maurice de Gheest excepté, qui a été promu Groupe I en 1995 - le plus jeune (son lifting de 1987 l´a dépiauté d´un tiers de ses rides...), le Grand Prix de Paris n´a plus son lustre d´autrefois, lorsqu´il récompensait l´endurance (du temps où celle-ci était une vertu...) et faisait déferler les foules passionnées sur Longchamp - 120.000 spectateurs, dans les années 1920, vingt fois moins hier !

Depuis sa seconde naissance, il y a douze ans, il a pris une nouvelle vocation, certes moins ambitieuse mais néanmoins très utile. Il vient à point nommé, désormais, à la mi-saison, pour mettre un peu d´ordre dans l´atelier, tellement encombré, de l´usine Fabre, tout en contribuant, d´une manière efficace, à l´équilibre financier de ladite entreprise. Huit victoires à 1.200.00 F, au cours des onze dernières années, plus on ne sait combien de deuxièmes places à 480.000 F et de troisièmes places à 240.000 F... Tout aussi instructifs que ceux du matin, les galops de l´après-midi ont un petit côté lucratif que les âmes les plus nobles et les esprits les plus désintéressés ne sauraient se permettre de mépriser...

Ils étaient donc quatre, hier, envoyés au turbin pour en avoir le coeur net : quel était l´ordre hiérarchique entre le Lagardère, Slickly, le Cheikh Mohammed, Gracioso, le Rothschild, Indian Danehill et le Wildenstein, Kingsalsa ? Eh ! bien, à peu de chose près, celui que l´on imaginait. Le meilleur est bien Slickly, qui n´a pas de physique (c´est certain), pas de tenue (c´est un peu moins sûr) mais qui possède un beau brin de brio : désinvolte, sa victoire !

Le numéro deux est le tardif, Indian Danehill, qui grignote patiemment, au fur et à mesure que le temps passe et que la distance s´allonge, les degrés de l´échelle des valeurs : cinquième de la Poule d´Essai, troisième du Jean Prat, deuxième du Grand Prix... Allons ! Encore un petit effort ! Un peu plus long, un peu plus tard, il finira bien par le décrocher, son Groupe I. En Italie, peut-être, ou en Allemagne ?...

Gracioso, lui, le gentleman cambrioleur, a déjà fait main basse sur le sien, on le sait : une occasion inespérée, il est vrai, un Lupin qui traînait par terre... Il aurait mieux fait de se garer des voitures après ce coup de chance... Quand on a vu, deux heures plus tard, sur le circuit de télévision, avec quelle maestria Montjeu a remporté le Derby d´Irlande, cinq longueurs devant Daliapour - que Oath n´avait battu que de deux longueurs dans le Derby d´Epsom ! - on se demande comment le même Montjeu a bien pu s´incliner devant ledit Gracioso, à la mi-mai ?

Pour ceux qui l´ignoraient - il y en avait encore ! - les résultats des deux courses d´hier, la française et l´irlandaise, sont venus en apporter la preuve : ce n´est pas que Gracioso ait manifesté une valeur éminente, le mois dernier, c´est seulement que Montjeu était alors dans un jour "sans" - sans quoi ? demandent les ingénus spectateurs du Tour d´Europe...

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