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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

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David et Goliath

5 juillet 1999

Renversement complet des rôles, à une semaine d´intervalle. Dimanche dernier, c´était là-bas, aux lointains confins des territoires du Nord-Ouest, dans le Derby d´Irlande, que les choses sérieuses se passaient : Montjeu y décrochait insolemment son ticket de favori du prochain Prix de l´Arc de Triomphe. Longchamp et son Grand Prix de Paris n´étaient ici que pour offrir de mignons colifichets à nos gentils bimbelotiers de Chantilly.

Ce week-end-ci, c´est l´inverse ! Zéro pour l´Angleterre et ses arrogants fantoches des Eclipse Stakes ! Une parodie de compétition, à Sandown, sans train aucun ni sélectivité, une course "à la française" (comme disent les Anglais !) dans le panneau de laquelle ce gros bêta de Croco Rouge n´a pas manqué de tomber. Mais ici, l´évènement ! Ah ! oui, une "vraie" course, le Grand Prix de Saint-Cloud ! Tellement explicite qu´elle a par avance coupé le sifflet à Ascot et ses bavards King George Et cetera du 24 juillet prochain. Sans Montjeu et sans le japonais El Condor Pasa, que vont-ils bien pouvoir prouver, lesdits prétentieux King George, avec leur Godolphin à la mie de pain, Daylami, que Suroor vient d´étirer péniblement jusqu´aux 2400 mètres de la Coronation Cup ?

Deux chevaux de jeu, hier - l´un pour l´allemand, l´athlétique Tiger Hill , l´autre pour notre Dream Well national, qui (oeillères ou pas...) n´est manifestement plus celui qu´il a été : il était en eau au paddock. Un train d´enfer, donc, qui aurait dû servir les intérêts de Sagamix. Mais lui aussi n´est plus lui-même - ou pas encore ? On sait que le ressort du délicat mécanisme doit être remonté avec d´infinies précautions... Dès l´entrée de la ligne d´arrivée, on n´en voit plus que deux : le puissant teuton, qui file au poteau dans sa grande action bien cadencée, et le mignon nippon, El Condor Pasa, qui le suit comme son ombre (son jockey le retenant à pleins bras), en multipliant ses petites foulées sans effort apparent. Sans effort apparent, David terrasse Goliath ! Au poteau, il y aura un écart de deux longueurs et demie entre eux et un même trou de deux longueurs et demie pour trouver les deux ex-champions français, lesquels partageaient équitablement leur humiliation.

Oui, d´ores et déjà, il est permis de l´affirmer : en l´espace de huit jours, avec Montjeu puis avec El Condor Pasa, l´avant-dernier Arc de Triomphe du siècle a pris, sur le papier des architectes du turf, les dimensions d´un monument grandiose.

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