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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Arc en stock !

13 septembre 1999

A trois semaines de l´embarquement pour Cythère, la nef de Paris-Longchamp ( Fluctuat nec mergitur : elle flotte - elle hésite ! - mais elle ne coule pas: insubmersibles, nos espoirs...) fait dégorger dans ses cales la glorieuse cargaison. C´est l´Arc en stock ! Entassés, pêle-mêle, voici les trésors inestimables, les précieuses merveilles, les immenses promesses !

Il en vient de partout... Il y a déjà huit jours que, de Baden-Baden , nous est arrivée la nouvelle : le bel aryen, le puissant Tiger Hill, a atteint, à l'automne de ses 4 ans, son plein épanouissement. Samedi, à Leopardstown (Irlande), c´était au tour de ce vieillard chenu, Daylami, de montrer patte blanche. Assurément, chez Suroor, le poids des ans ne suit pas l'ordre commun : il n'augmente pas, il diminue avec le temps. Aurait-il trouvé l´élixir de jouvence ? Après Halling, Swain et quelques autres, voici donc Daylami transfiguré sur le tard ! Sa victoire insolente dans les Irish Champion Stakes (neuf longueurs, officiellement, mais Dettori, dès la mi-ligne droite, avait cessé de monter et commencé à se tordre de rire !), traduite en valeur cotée, en ferait le favori obligé du 3 octobre, pour les stricts comptables du mérite hippique.

Mais sera-t-il au départ de l´Arc ? On sait que Cheikh Mohammed al Maktoum est ulcéré: France Galop n´a pas accepté d´intégrer le Prix de l´Arc de Triomphe à son dernier joujou, le beau Circuit International qu´il a mis sur pied, au printemps : pour la raison, jugée disqualificative - bravo l´arbitre, Louis Romanet ! - que plusieurs des étapes dudit Circuit étaient ouvertes à tous les vents délétères du doping (Lasix, Bute, etc.).

Trois grands rendez-vous à domicile, hier, à Longchamp : deux en reconnaissance des lieux (Foy et Niel), un à double vocation : objectif en soi et éventuel tremplin pour l´Arc, le Prix Vermeille. Disons tout de suite que les trois lauréats sont ceux que tous attendaient. Mais, bien sûr, chacun a inscrit son nom, sur le carnet de rendez-vous, à la page du 3 octobre, avec son style propre.

La plus séduisante à l´oeil fut Daryaba. Quel beau physique et quelle victoire autoritaire ! On sait maintenant qu´elle ne l´a pas volé, son Prix de Diane et qu´elle peut sortir de chez elle sans chaperon (elle n´avait couru jusqu´ici qu´à Chantilly). Mais Montjeu n´est pas mal non-plus de sa personne, en plus élégant (la pouliche est plutôt du genre solide matrone). S´il fut moins spectaculaire, son court succès a été on ne peut plus plaisant pour l´esprit : pas facile de refaire quatre longueurs, sur un violent démarrage, dans une course sans train ! Et cela dans la plus parfaite décontraction.

Comment en vouloir au troisième, enfin, au daïmio japonais, El Condor Pasa, de n´avoir pris qu´une encolure à la perfide Lucrèce Borgia ? On aurait dit qu´il l´a fait exprès de la laisser passer à la corde, à l´entrée de la ligne droite : il lui fallait quelqu´un pour se bagarrer un peu, pour ne pas arriver à l´Arc sans exercice. Eh ! bien, il l´a eu son combat ! Il ne serait pas aussi coriace qu´on le dit, on craindrait qu´il ne la paye, sa castagne, dans trois semaines. Mais non, c´est un daïmio - un grand seigneur - vous dit-on, un roc habité par une âme d´airain, pas du tout du genre à se faire hara-kiri avant la bataille des batailles !

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