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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Le dieu Janus

5 octobre 1999 (1)

Remarquable par ses défaillances - Daylami, Daryaba et, dans une moindre mesure, Tiger Hill - autant que par la splendide affirmation du couple Janus Montjeu-El Condor Pasa - l´un est un brillant finisseur, l´autre une force qui va - l´avant-dernier Prix de l´ Arc de Triomphe du siècle n´en a pas moins rejoint, par la puissante structure de la hiérarchie qu´il a mise en lumière, les Arcs illustres du lustre glorieux, 1965-1970 (1965 : Sea Bird, Reliance, Diatome, Free Ride, Anilin... 1968 : Vaguely Noble, Sir Ivor, Carmarthen, Roselière, La Lagune... 1971 : Mille Reef, Pistol Packer, Cambrizzia, Caro, Hallez...).

Comme lors de ces années d´anthologie et comme, plus récemment, lors du dernier grand millésime (1997 : Peintre Célèbre), l´ordre établi a été cimenté par des écarts très importants : pas moins de onze longueurs, dimanche, entre le lauréat et la quatrième ! Il serait honnête, toutefois, de rappeler qu´en terrain lourd le turf vend ses longueurs au rabais et met quelque peu en solde la gloire subséquente : les cinq longueurs de Peintre Célèbre, il y a deux ans, avec un temps record au bout du sprint, cela avait forcément un peu plus... d´allure !

Puisque nous en sommes au chapitre des chicaneries mesquines et autres réserves minuscules, disons encore - et on n´en parlera plus ! - que la performance d´El Condor Pasa a été singulièrement favorisée par le triple effet de l´aptitude du 4 ans japonais à aller de l´avant, du tapis roulant de la corde avec la lice mobile à zéro et de la monte remarquable de Masayoshi Ebina (quel sens du train et avec quelle habileté a-t-il su reprendre sa monture, aux moments opportuns, pour la laisser souffler !). Bon. S´il fallait résumer l´Arc de 1999 en une seule formule, on pourrait dire qu´il a parfaitement illustré le vieil adage : c´est une course pour vétérans, gagnée, les bonnes années, par un cadet hors du commun.

Comment ne pas se rengorger, enfin, au terme d´une année à marquer d´une pierre blanche pour le turf français ! Dès juillet, nous savions que notre Prix du Jockey-Club était, cette année, d´un niveau très supérieur au Derby d´Epsom, que notre Grand Prix de Saint-Cloud toisait de haut les King George d´Ascot (et, accessoirement, que notre Poule d´Essai culminait à une altitude qu´étaient loin d´atteindre les Deux Mille Guinées). L´Arc couru, nul ne peut plus en douter - fût-il citoyen britannique et, encore moins, fût-il membre du club londonien des handicapeurs qui publient les fameux Classements Internationaux de fin d´année !

(1) Une grève de la presse, le lundi 4 octobre, a repoussé au mardi 5 octobre ce commentaire de l´Arc "à froid".

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