pursang1
pursang2

L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

La générosité prend le pouvoir !

2 octobre 2000

Cela aurait pu être le titre d´une fable de La Fontaine : l´enfant prodigue et le barbon avaricieux... Deux personnalités aux antipodes. Ici et là, un talent éprouvé à maintes reprises. Mais, d´un côté, toute la fougue et la générosité de la jeunesse; de l´autre, l´avarice et la cautèle de l´âge mûr. Comment cet homme d´esprit et de panache, le sportsman, a-t-il pu hésiter un instant entre ce vieux radin bluffeur, Montjeu, et ce poulain plein de feu, d´aisance et de grâce, Sinndar ?

Le duel attendu par le plus grand nombre n´a pas eu lieu. Montjeu a succombé sans se battre, victime du syndrome d´Hannibal : amolli dans les délices de Capoue, le grand favori ! Il n´avait jamais eu à lutter, cette année. A quatre reprises, il nous avait refait son numéro d´élégant joueur de poker : je suis servi full aux as ! Surenchérissez, mes amis, si vous l´osez ! Nul n´avait osé...

C´était donc tout du bluff ! Il n´avait rien en main. Certains signes, pourtant, auraient dû éclairer ceux qui n´y ont vu que du feu ! Tout en eau, à Ascot, devant les stalles de départ (et liquéfié, cette fois encore) ! Versant à droite, dans le Prix Niel... Une bonne excuse, en tout cas, hier : la course n´a pas beaucoup marché, au début, et on l´a vu non-loin des premiers, au haut de la montée, en quatrième épaisseur (un jour de lice à zéro !). Il n´a donc pas pu nous faire son numéro habituel de froide décontraction en queue de peloton. Sans doute s´est-il trop dépensé prématurément, notre grand économe ?

Mais ce train modéré n´était pas non-plus pour arranger les affaires de son cadet. N´a-t-on pas vu le généreux Sinndar s´appliquer à balayer lui-même le tapis, devant le petit peloton, pour pallier la déficience initiale de son valet, Raypour, mal sorti de sa stalle ? Oui, un rythme insuffisant, pour l´un autant que pour l´autre, et qui explique, sans doute, pourquoi le poulain - le poumon ! - d´acier n´a pas gagné de plus loin : il n´a pas eu une seconde pour reprendre son souffle !

Oui, un cheval d´acier. Et comme elle a eu du mérite, notre Diane-gazelle, Egyptband, pour venir, en pleine piste - un jour de lice à zéro (bis) ! - essayer de rayer le dur et froid métal ! Troisième, à distance, l´autre pouliche, Volvoreta, à laquelle Peslier a donné une course en or, le long de la lice. Et cinquième, à la hanche de Montjeu, cet autre cadet de trois ans, Hightori. Non, ce n´était pas la fête aux barbons, hier, à Longchamp !

<< >>

Contactez Michel Morice

Site réalisé par: Sylvie Morice - Photos: Bernard Gourier - www.bernardgourier.com

Copyright © 2006