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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Professions de foi

10 octobre 1987

L´éloquence, un art qui se perd... dans le brouhaha et les bruits de fourchette des fins de banquets. Ce n´est pas parce qu´on n´a rien entendu des discours du traditionnel Dîner de l´Arc, samedi dernier, chez Maxim´s, qu´il faut les passer sous silence. Ont pris successivement la parole, l´hôte de la soirée, le marquis de Geoffre, président de la Société d´encouragement, son alter ego anglais, lord Fairhaven, premier commissaire du Jockey-Club, et M. Murret-Labarthe, représentant les ministères de tutelle des courses. Dans la forme, une courtoisie extrême. Sur le fond, des points de vue assez opposés. Mais laissons parler les orateurs...

M. de Geoffre se fait le chantre des grandes valeurs de la tradition. Il veut "conserver l´ordre et la pureté des principes de l´institution". Bien sûr, il craint d´être "débordé". L´oeuvre de ses devanciers ne va-t-elle pas lui "échapper" ? Non, il se rassure, constate que "subsiste la fierté d´élever et de faire courir... subsiste l´amour du métier" et d´autres très beaux sentiments du temps jadis. Toutefois, "est-ce assez de tout cela pour préserver les courses d´une dérive moderniste ? ...Oui, si nous savons, comme nos prédécesseurs, nous arc-bouter..." sur des idées anciennes qui ont fait leurs preuves.

Lors Fairhaven trouve des mots délicats pour dire que, lui, il vit en 1987... "Les responsables des courses ne doivent pas se contenter d´une grande honnêteté. Ils doivent également être accueillants pour les idées nouvelles et évoluer avec leur temps." Il ose parler de "clients", veut agir "de manière positive", travailler "de façon concrète", avoir un comportement "réaliste et non pas idéaliste"...

On se demande si le troisième orateur, M. Murret-Labarthe, ne pousse pas la courtoisie jusqu´à l´effronterie, lorsqu´il commence : "Vos propos, M. le Président de Geoffre, ont été marqués par leur élévation. Je suis persuadé que c´est volontairement que vous avez strictement limité votre réflexion à des remarques qualifiées par vous de caractère moral..." Et il conclut : "Sachant combien le monde des courses évolue lentement, dans ses structures et dans ses personnes, je n´aurai pas l´outrecuidance, aujourd´hui, de répéter devant vous les réflexions que je m´étais permis de faire en 1986...".

Ah ! oui, l´éloquence est un don bien utile, lorsqu´on veut aborder des sujets embarrassants sans froisser exagérément son hôte en public...

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