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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Un oiseau de mauvais augure

7 juin 2004

Un printemps de Longchamp trop bien rythmé dans le moderato. Chantilly allait-il se montrer capable d´accélérer le tempo, l´année 2004 allait-elle enfin sortir de l´ordinaire ? L´affaire ne se présentait pas très bien, les auspices étaient plutôt fâcheux. Depuis la veille, le ton avait même carrément tourné à l´adagio funèbre avec l´accident d´entraînement (fêlure) dont avait été victime Voix du Nord, le plus titré des candidats au Prix du Jockey-Club. La confiance n´était pas au rendez-vous. Il ne nous restait plus que l´espoir.

Eh ! bien non, l´heureuse surprise n´a pas eu lieu. Aucun talent éminent n´a germé sur ce terrain stérile. On sait, maintenant, que l´anglais, Day Flight (4ème), n´avait enfoncé que des portes grandes ouvertes, de l´autre côté de la Manche; on sait que cet autre ex-invancu, Lord du Sud (6ème) n´est pas du bois dont on fait les champions; on sait que Valixir (3ème) est un bon cheval sans plus, même lorsqu´il ne perd pas ses moyens avant la course; on sait qu´Ange Gardien (5ème) gardera toujours son grain de folie, même si on use avec lui de trésors de patience pour lui éviter tous les stress d´avant la course; on sait que Reefscape (7ème) ne sera jamais qu´un honnête tâcheron laborieux...

On aurait dû savoir, aussi, que Jean-Louis Bouchard, le propriétaire, Pascal Bary, l´entraîneur, et Thierry Thulliez, le jockey, étaient connus, dans la légende des courses, pour être les hommes les plus chanceux du monde lorsqu´arrivait le premier dimanche de juin. On aurait dû savoir, enfin, que Pascal Bary était voué, de toute éternité, à la victoire dans les années paires du Prix du Jockey-Club (1994, 1996, 1998, 2002...). Or, 2004 est bien une année paire, n´est-ce pas ? On l´avait oublié ! Blue Canari nous l´a fait souvenir.

Que dire de plus ? Que Bary avait raisonnablement déclaré son poulain non-partant, mardi, mais qu´un coup de fil de Mme Bouchard, qui voulait voir ses couleurs en piste, avait rattrapé in extremis ledit forfait. Comme dit très justement la publicité du Loto : "Cent pour cent des gagnants avaient tenté leur chance !". Evoquer le Loto ! Jamais nous n´aurions cru devoir faire une chose pareille un jour de Prix du Jockey-Club...

Heureusement, c´était aussi, hier, le jour du Prix Jean Prat et là, mes amis, quel régal nous avons vécu avec le retour victorieux de ce crack authentique, le Bago de Maria Niarchos et de Jonathan Pease !

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