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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

Sur un tapis volant !

4 octobre 2004

Dans la Rome antique, le triomphe était une chose et le passage à l´Arc une autre. Le premier venait nécessairement avant le second. Sur le turf, c´est pareil, mais seulement lors des grands millésimes. Situé à l´automne, tout au bout de la voie classique, l´Arc a pour vocation d´honorer le grand triomphateur du printemps et de l´été. C´est l´apothéose pour une gloire déjà consacrée. Ribot, Sea Bird, Mill Reef, Allez France, Peintre Célèbre et Dalakhani n´avaient plus rien à prouver au premier dimanche d´octobre. Ils ne sont pas venus à Longchamp pour descendre dans l´arène mais pour monter sur le podium...

2004 n´est pas un grand millésime. La simultanéité entre le Triomphe et l´Arc, entre la révélation du champion de l´année et son couronnement, avait hier cette saveur douce-amère : l´entrée du vainqueur dans la légende en moins, mais le suspense en plus... En effet, le suspense a duré jusqu´au bout et Bago, le lauréat, ne figurera évidemment pas au panthéon du turf sur la même marche que les cracks que nous venons de citer. Son nom restera pourtant, dans l´histoire des courses, pour être celui qui a enfin cassé la glace, dans l´Arc, pour la prestigieuse et tellement sympathique casaque Niarchos. En 1984, la championne Northern Trick avait été battue par le terrain lourd et par Sagace; en 1995, Hernando s´était incliné devant Carnegie; il y a deux ans, Sulamani avait trouvé son maître d´un jour en Marienbard...

La victoire du trois ans cher à Jonathan Pease, devant ces quatre autres cadets, le tardif Cherry Mix, la pouliche anglaise Ouija Board, l´irlandais de derrière les fagots (85/1 !) Acropolis et cet autre anglais, North Light, est celle de la fraîcheur et des circonstances. Les circonstances ? Oui, indéniable le rôle éminent qu´a joué le tirage au sort des places à la corde, dans une course qui est partie lentement pour s´accélérer progressivement dans la descente, sous la double impulsion du japonais, Tap Dance City (le malheureux avait tiré le numéro 18 à la corde !) et de North Light, poulain à grande action du genre "déménageur", sans changement de vitesse.

A l´entrée de la ligne droite, tous les mal lotis des places de l´extérieur sont restés en suspension. Et ceux qui avaient fait leur course le long de la lice se sont retrouvés comme sur un tapis volant. Cherry Mix (stalle numéro 1) le premier, bien entendu (on peut faire confiance à Soumillon : toutes les astuces de la corde, il les connaît depuis belle lurette !). Thierry Gillet aussi. Il a su prendre le raccourci avec le fils de Nashwan : un parcours en or, avec un sens aigu de l´économie. Bago a pu ainsi "placer" sa fameuse pointe. Il est allé chercher la victoire, au bout des 2400 mètres, comme s´il s´était agi d´un simple remake du Grand Prix de Paris (2000 mètres).

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