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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

michmorice

La force du destin

15 juin 1987

- Eh ! bien, ce match ? Vous nous aviez dit, n´est-ce pas, que la classe avait rendez-vous avec la classe, à Chantilly, dans le Prix de Diane ?

- Oui, madame...

- Vous nous aviez promis un duel spectaculaire entre deux championnes, l´une française et avérée (quatre Groupes I, déjà, dans son bagage...), l´autre anglaise et seulement présumée (une grosse réputation, mais un seul Groupe I et, à vous croire, qui plus est, un peu "bidon"...). Oui, "bidon" ! Vous l´avez dit ou vous ne l´avez pas dit ?

- Je l´ai dit. Et je le répète : le Prix Saint-Alary avait réuni le lot le plus creux qu´on ait vu, cette année, au niveau des Groupes, de ce côté-ci de la Manche. Battre Prepaid de deux longueurs et demie, c´était une bien piètre référence, même si c´était à l´issue d´une course sans train et avec un style que chacun s´était accordé à trouver prometteur...

- N´empêche qu´en fait de dialogue franco-anglais au sommet on n´a assisté hier qu´à un monologue dans la langue de Shakespeare... Indian Skimmer a été seule en course du départ à l´arrivée. Elle a gagné sans lutte, faussant compagnie à ses adversaires dès la mi-montée. Elle l'a écrabouillée votre Miesque !

- Effectivement, nous savons maintenant que la réputation de l´anglaise n´était pas surfaite. C´est une grande championne. Aussi grande, peut-être, que notre Miesque...

- Vous vous moquez de moi ! Il y avait quatre longueurs - "une classe" ! -, hier, entre Indian Skimmer et Miesque !

- Je dirais plutôt qu´il y avait cinq longueurs entre la lauréate et la troisième, la gentillette Masmouda... Miesque, elle, n´était pas à Chantilly. C´est l´ombre d´elle-même que vous avez cru voir. Distance trop longue, terrain trop lourd ou lassitude - plus probablement un peu des trois à la fois... - ont eu pour effet de la priver de son arme habituelle, sa fulgurante pointe de vitesse. C´est "sur sa classe" qu´elle est restée deuxième. Je me demande si, pour sa gloire, il n´aurait pas mieux valu qu´elle se fût effondrée complètement ! Seconde, elle a l´air d´avoir été défaite par sa rivale. Non-placée, les béotiens eux-mêmes auraient eu une petite chance de comprendre qu´elle s´est inclinée devant une autorité d´une autre nature, la force du destin !

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