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L´INSOLENCE ET LA GLOIRE   -   Chroniques du turf   1979-2004

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Larmes de joie !

12 septembre 1988

L´énigme de l´Arc. A trois semaines de la course des courses, Longchamp se montre magnanime. Le sphinx consent à livrer quelques éléments de réponse à la question qui met le turfiste à la torture, chaque année, à partir de la mi-août...

Prix Niel. Avant le départ, "sur le papier", ils sont trois, un français, Sarhoob, et deux anglais, Kahyasi et Insan. A l´arrivée, ils sont quatre : les trois susnommés, qui ont terminé, respectivement, troisième, deuxième et quatrième, plus le vainqueur, cet éternel mal aimé, Fijar Tango. Mal aimé, m´est avis que le poulain de Mahmoud Fustok va le demeurer... Car, visiblement, comme lors de son Grand Criterium et comme lors de son Grand Prix de Paris, il a, une nouvelle fois, tiré profit de circonstances extrêmement favorables à ses aptitudes de cheval "allant". Le leader de l´invaincu Kahyasi ayant totalement failli à son devoir, la course s´est déroulée à un train de sénateur, pour se réduire à un déboulé de quatre cents mètres. Résultat : les présumés meilleurs se sont tous fait prendre de vitesse au démarrage (je pense surtout à Kahyasi et à Sarhoob, mais aussi à Frankly Perfect et à Nasr el Arab).

Difficile, par conséquent, de prendre très au sérieux le classement enregistré hier. Neuf chevaux en quatre longueurs, les cinq premiers finissant presque sur la même ligne, le cheval de jeu terminant tout près (bien que son jockey fût relevé depuis la mi-ligne droite...), un "chrono" lamentable... Non, les preuves ne manquent pas pour témoigner de l´inconséquence de ce Prix Niel.

Heureusement, trente minutes plus tard, c´est une "vraie " course que le Prix Vermeille allait donner à voir. Sur le même parcours, un temps inférieur de huit secondes à celui des poulains (record de l´épreuve battu)... Un écart de huit longueurs entre la lauréate et sa sixième, Resless Kara, la gagnante du Prix de Diane, s´il vous plaît !... Un "trou" de trois longueurs entre elle et sa deuxième... Voilà pour la satisfaction de l´esprit ! Et pour l´oeil, cet enchantement : la pointe finale dévastatrice de Indian Rose, venant, du dernier rang, écraser de sa classe toutes ses adversaires !

Les certitudes de Jean-Marie Béguigné prenaient enfin les vives couleurs de la réalité. C´en fut trop pour le jeune entraîneur de la casaque bleue et jaune des Rothschild : il éclata en sanglots ! Il y a vingt-cinq ans, Léon Zitrone en avait fait autant, en direct, à la télévision, lors de la victoire d´Exbury, qui défendait les mêmes couleurs, dans l´Arc de 1963. Tous deux auront peut-être une nouvelle occasion de donner libre cours à leur sensibilité, le 2 octobre prochain... Moi, je ne vois guère que le 5 ans anglais, Mtoto, le grand absent d´hier, pour les faire pleurer... de dépit.

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